Photo : Le ministre de la Santé, Prof Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, à Sèmè-Podji, ce mardi 31 mars
Le gouvernement béninois, avec l’appui de ses Partenaires Techniques et Financiers (PTF) du secteur de la santé, a officiellement lancé au Centre de santé de Sèmè-Podji, dans le département de l’Ouémé, au Sud-est du pays, une vaste campagne nationale de planification familiale couplée au dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein. Une initiative ambitieuse qui se déploie du lundi 30 mars au samedi 4 avril prochain sur toute l’étendue du territoire national. Placée sous le signe de l’accès équitable aux soins, cette campagne vise à rapprocher les services de santé des populations, notamment des femmes et des jeunes filles, en intégrant des prestations essentielles de santé sexuelle et reproductive.
Une réponse intégrée à trois urgences sanitaires
Prenant la parole au nom des PTFs, le Représentant Résident de l’OMS au Bénin a salué une initiative « d’une portée exceptionnelle », soulignant le leadership du Bénin dans la prise en charge simultanée de trois priorités majeures : la planification familiale, le dépistage du cancer du col de l’utérus et la détection précoce du cancer du sein. À en croire Dr Jean Kouamé Konan, cette approche intégrée, recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), permet non seulement d’élargir l’accès aux soins, mais aussi de réduire les barrières financières, d’améliorer la continuité des services et surtout d’accroître leur utilisation. « Cette campagne apporte une réponse concrète aux défis persistants en matière de planification familiale et à la lutte contre les cancers féminins, qui demeurent parmi les principales causes de mortalité évitable chez les femmes. », a affirmé Dr Jean Kouamé Konan, appelant à une mobilisation massive des communautés.
Un engagement gouvernemental renforcé
Du côté de l’État béninois, le ministre de la Santé a insisté sur l’importance stratégique de cette campagne dans l’amélioration des indicateurs de santé maternelle et infantile au Bénin. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, certains indicateurs restent préoccupants, notamment la mortalité maternelle et néonatale. Le ministre a rappelé que la prévalence contraceptive demeure encore faible, estimée à 16,9% selon l’enquête MICS 2021-2022. « Cette initiative témoigne de l’engagement du gouvernement à améliorer durablement la santé et le bien-être des femmes, des jeunes filles et de toute la population. », a déclaré Prof Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, invitant les populations à se mobiliser massivement pour bénéficier des services gratuits offerts.
Des objectifs chiffrés ambitieux
La campagne prévoit notamment :
- la mise sous contraception d’environ 13 200 nouvelles utilisatrices ;
- le dépistage de 156 000 femmes pour les cancers du sein et du col de l’utérus.
Les professionnels de santé, mobilisés dans les 34 zones sanitaires, sont appelés à jouer un rôle clé dans la sensibilisation, l’orientation et la prise en charge des bénéficiaires.
Une dynamique soutenue par les partenaires
Cette initiative bénéficie du soutien d’un large éventail de partenaires, parmi lesquels l’UNFPA, l’UNICEF, Enabel, la Fondation Claudine Talon, IPAS, l’OOAS, ABMS, CARE Bénin/Togo et Plan International, ainsi que plusieurs organisations de la société civile. Les partenaires ont réaffirmé leur engagement à accompagner le Bénin dans l’expansion des services intégrés, le renforcement des capacités des agents de santé, la disponibilité des intrants et l’amélioration du système d’information sanitaire.
Un signal fort pour la santé des femmes
Au-delà des chiffres, les autorités sanitaires de Porto-Novo voient dans cette campagne un signal fort : celui d’un système de santé en mutation, d’un engagement politique affirmé en faveur de la prévention, et d’un partenariat solide au service de la vie. Dans un pays où les cancers féminins et les besoins non satisfaits en planification familiale restent des défis majeurs, cette campagne pourrait marquer un tournant décisif dans la protection de la santé des femmes et le développement du capital humain.



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